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On nous a vendu l’indépendance. On a oublié de nous parler de l’interdépendance.

27 sept.
7 min de lecture



On nous a vendu l’indépendance comme le Graal.

N’aie besoin de personne.

Gagne ton argent.

Paie tes factures.

Voyage seule.

Construis ta carrière.

Répare ton meuble IKEA.

Porte tes sacs de courses en une seule fois quitte à perdre trois doigts dans l’opération.

Et surtout :

NE DÉPENDS JAMAIS DE PERSONNE.


J’ai longtemps aimé cette idée.

Parce qu’elle représente aussi une conquête extraordinaire pour les femmes.

Pouvoir gagner notre propre argent.

Choisir de partir d’une relation.

Vivre seules.

Décider de notre avenir.

Ne pas être obligées de rester quelque part uniquement parce que notre survie matérielle dépend de quelqu’un d’autre.

Cette indépendance-là est précieuse.

Je ne veux surtout pas revenir en arrière.


Mais à force de célébrer la femme qui n’a besoin de personne, je me demande si nous n’avons pas fini par confondre deux choses :

être autonome et être seule face à tout.

Parce qu’il existe peut-être quelque chose après l’indépendance.

Quelque chose dont nous parlons beaucoup moins.

L’interdépendance.




« Je n’ai besoin de personne » : vraiment ?


Soyons sérieuses deux minutes.

Personne ne construit une vie entièrement seul.

Nous avons besoin des autres.

Pas nécessairement pour nous sauver.

Mais pour vivre.

Nous avons besoin d’amis.

De collègues.

De voisins.

De mentors.

De partenaires.

De familles choisies ou biologiques lorsqu'elles sont soutenantes.


De personnes capables de nous dire :

« Aujourd’hui, laisse. Je m’en occupe. »

Et pourtant, pour certaines femmes, recevoir cette phrase peut presque devenir inconfortable.

Parce qu’elles ont appris à être celles qui gèrent.

Celles qui anticipent.

Celles qui organisent.

Celles qu’on appelle quand ça va mal.


Mais quand vient leur tour de dire :

« J’ai besoin de toi. »

Bug système.

Erreur 404.

Femme indépendante momentanément indisponible. 😂


L’indépendance est une liberté. L’hyper-indépendance peut devenir une prison.



Il y a une immense différence entre :

« Je peux me débrouiller seule. »

et

« Je dois toujours me débrouiller seule. »


La première phrase parle de capacité.

La deuxième peut parfois parler de peur.

Peur d’être déçue.

Peur de devoir quelque chose à quelqu’un.

Peur de perdre le contrôle.

Peur de paraître faible.

Peur que l’autre utilise un jour notre vulnérabilité contre nous.

Alors on fait tout.

On prévoit tout.

On porte tout.


Et on finit parfois par appeler ça :

« mon indépendance ».


Alors qu’au fond, une autre phrase se cache peut-être derrière :

« J’ai appris qu’il était plus sûr de ne compter que sur moi. »

Et ce n’est pas tout à fait la même chose.




Nous avons peut-être créé une nouvelle injonction pour les femmes


Pendant longtemps, les femmes ont entendu :

« Tu as besoin d’un homme. »

Puis nous avons voulu nous libérer de cette dépendance.

À raison.

Mais parfois, le discours s’est transformé en :

« Une femme puissante n’a besoin de personne. »


Et si nous faisions attention à ne pas remplacer une injonction par une autre ?

Avant :

Trouve quelqu’un pour prendre soin de toi.


Maintenant :

Si tu as besoin de quelqu’un, tu n’es pas suffisamment indépendante.

Dans les deux cas, on explique encore aux femmes comment elles devraient vivre leurs relations.


Et si la véritable liberté était ailleurs ?

Pouvoir être seule sans être terrifiée.

Et pouvoir être accompagnée sans se sentir diminuée.


L’interdépendance, ce n’est pas la dépendance


C’est là que la nuance devient importante.

La dépendance dit :

« Sans toi, je ne peux pas fonctionner. »

L’hyper-indépendance dit :

« Je n’ai besoin de personne. »

L’interdépendance dit :

« Je peux tenir debout seule, mais je n’ai pas besoin de vivre toute ma vie en refusant les mains qu’on me tend. »


Et personnellement, je trouve cette troisième voie beaucoup plus intéressante.

Parce qu’une relation saine n’est pas forcément composée de deux personnes qui n’ont absolument besoin de rien l’une de l’autre.


Nous pouvons avoir besoin de présence.

D’affection.

D’écoute.

De soutien.

De coopération.

De tendresse.

De conseils.

D’un regard extérieur.

D’une épaule.


Et parfois simplement de quelqu’un qui descend cette fichue valise du compartiment supérieur pendant qu’on garde notre indépendance financière intacte. 😭


Avoir besoin des autres ne signifie pas leur remettre les clés de sa vie.




Même Beyoncé a une équipe


Je vais casser un mythe.

La femme qui « réussit toute seule »…

n’existe pratiquement pas.

Derrière énormément de réussites, il existe un réseau.

Des opportunités.

Des mentors.

Des collaborateurs.

Des amis.

Des personnes qui gardent les enfants.

Des personnes qui recommandent.

Des personnes qui ouvrent une porte.

Des personnes qui écoutent après un échec.

Des personnes qui disent :

« Je connais quelqu’un qui pourrait t’aider. »


Nous adorons raconter les réussites individuelles parce qu’elles font de belles histoires.

Elle est partie de rien.

Elle s’est construite toute seule.

Mais personne ne se construit réellement dans le vide.

Et reconnaître cela ne retire rien à notre mérite.


Recevoir du soutien ne diminue pas ta puissance.


Le véritable luxe ? Avoir des gens sur qui compter


Nous parlons énormément d’argent, de réussite, de voyages, de belles maisons et de liberté financière.

Tout cela compte.

Mais plus j’avance, plus je trouve qu’il existe une autre forme de richesse.

Pouvoir appeler quelqu’un.

Avoir une amie qui connaît ton histoire.


Pouvoir dire :

« Là, je ne vais pas bien. »


sans devoir commencer la conversation par :

« Mais ne t’inquiète pas hein, ça va quand même, je gère. »


Avoir des personnes avec lesquelles nous n’avons pas besoin d’être performantes.

Des gens qui célèbrent nos réussites sans compétition.

Qui nous disent la vérité sans chercher à nous diminuer.

Qui peuvent nous aider sans tenir ensuite une comptabilité émotionnelle.


Ça aussi, c’est du patrimoine.


Un patrimoine relationnel.

Et il mérite probablement autant d’attention que notre compte bancaire.



L’amour ne devrait pas être un plan de sauvetage


L’interdépendance est particulièrement importante dans le couple.

Parce que sortir de l’hyper-indépendance ne signifie certainement pas chercher quelqu’un pour prendre notre vie en charge.

Un partenaire n’est pas :

un banquier,

un thérapeute,

un parent,

un réparateur émotionnel disponible 24h/24,

ni le service client officiel de notre existence.

Mais l'inverse est également vrai.


À quoi sert une relation dans laquelle nous devons constamment prouver que nous n’avons besoin de rien ?


« Non non, ne m’aide surtout pas. Je suis une FEMME INDÉPENDANTE. »


Ma sœur.

Il voulait juste porter le carton. 😭

On peut être autonome et se laisser aimer.

On peut gagner son argent et apprécier qu’on nous invite.

On peut savoir résoudre un problème et accepter qu’on nous aide.

On peut aimer être seule et avoir profondément envie d’un partenaire.

On peut être célibataire et avoir besoin de communauté.

Ces réalités ne s’annulent pas.


Nos amitiés sont aussi des histoires d’amour


Et c’est probablement là que notre vision de l’interdépendance mérite de s’élargir.

Parce que lorsqu’on parle de « trouver quelqu’un », nous pensons presque automatiquement au couple.

Mais une vie riche ne repose pas nécessairement sur une seule personne.

Il y a les amitiés.

Les sœurs de cœur.

Les collègues devenues proches.

Les communautés.

Les mentors.


Les personnes rencontrées tardivement qui finissent par occuper une place immense.

Nous pouvons construire un écosystème relationnel, plutôt que d’attendre qu'un partenaire remplisse à lui seul tous les rôles.


L’amant.

Le meilleur ami.

Le confident.

Le coach.

Le compagnon de voyage.

Le conseiller professionnel.

Le soutien émotionnel.

Le partenaire de loisirs.

Le psy improvisé du dimanche à 23h48.


Même Netflix ne propose pas autant de fonctionnalités dans un seul abonnement.


Pourquoi l’exiger d’un être humain ?


Savoir recevoir est aussi une compétence


Certaines femmes savent merveilleusement donner.

Recevoir ?

C’est une autre histoire.

Un compliment :

« Oh mais non, j’ai une tête horrible aujourd’hui. »

Une aide :

« Non merci, je vais me débrouiller. »

Un cadeau :

« Mais il ne fallait pas ! »

Un service :

« Je te revaudrai ça. »


Comme si recevoir créait immédiatement une dette.

Pourtant, savoir recevoir fait partie de la relation.


Lorsque tu refuses systématiquement qu’on t’aide, tu ne protèges pas seulement ton indépendance.

Tu empêches parfois aussi les autres de contribuer à ta vie.

Et ça, j’ai envie que nous y réfléchissions.




La vraie puissance n’est peut-être pas de n’avoir besoin de personne


Pendant longtemps, j’ai associé la puissance à la capacité de tenir seule.

Aujourd’hui, je la vois différemment.

Je trouve puissant de savoir être seule.

Mais aussi de savoir dire :

« J’ai besoin d’aide. »


Puissant de savoir partir.

Mais aussi de savoir rester lorsqu’une relation est saine.

Puissant de gagner son argent.

Mais aussi de savoir recevoir.

Puissant de connaître ses limites.

Mais aussi de faire confiance aux bonnes personnes.

Puissant de ne pas dépendre du regard des autres.

Mais aussi de reconnaître que nous sommes des êtres profondément relationnels.


Le but n’est donc peut-être pas :

« Je n’ai besoin de personne. »

Le but pourrait être :

« Je ne dépends pas de toi pour exister. Mais je peux choisir de construire avec toi. »


Et cette phrase change énormément de choses.


Mon Glow Up aujourd’hui ressemble aussi à ça


Mon Glow Up ne consiste plus seulement à devenir plus forte.

Il consiste à devenir suffisamment sécurisée intérieurement pour ne plus avoir besoin de prouver constamment que je peux tout faire seule.

Choisir les bonnes personnes.

Créer des liens solides.

Demander.

Recevoir.

Donner sans m’épuiser.

Être autonome sans devenir inaccessible.

Parce que finalement, l’indépendance nous permet de choisir nos relations.


L’interdépendance nous apprend à les construire.


Et peut-être que la prochaine étape de l’empowerment féminin n’est pas de fabriquer des femmes qui n’ont besoin de personne.


Mais des femmes suffisamment libres pour pouvoir dire :

« Je peux vivre sans toi. Mais avec les bonnes personnes, je n’ai pas envie de tout vivre seule. »




Et toi, sais-tu vraiment recevoir ?


Si tu es devenue celle qui gère tout, qui donne beaucoup, qui demande peu et qui a parfois du mal à laisser les autres entrer réellement dans son monde, ce n’est peut-être pas de davantage d’indépendance dont tu as besoin.


Peut-être as-tu besoin de te reconnecter à toi pour pouvoir te reconnecter autrement aux autres.


C’est notamment ce que nous travaillons dans mon accompagnement CéliBOSS : tes besoins, tes limites, ta valeur, ta manière de créer du lien et la place que tu t’autorises à prendre… mais aussi à laisser aux autres.


CÉLIBOSS™ CHOISIS MIEUX. AIME MIEUX
Plan only
3 h
Réserver

Parce qu’une femme autonome n’a pas besoin de devenir une île.


Elle peut être entière et reliée.


Maï DIAW


Coach en transformation émotionnelle & image

Experte en empowerment féminin


Fondatrice de l’Agence MaïConseil

Auteure de Crois. Aime. Brille.



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